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Louis Aleno de Saint-Allouarn, navigateur français, aurait tout simplement découvert l'Australie en 1772 ! Le marin breton, à la tête du Gros Ventre, une flûte-gabare de 300 tonnes dotée d'un équipage de 120 hommes, débarque le 30 mars 1772 dans la baie des Chiens Marins, devenue aujourd'hui Shark Bay (Australie Occidentale). Il dépêche quelques hommes d'équipages, dirigés par Mengau de La Hage, qui, après avoir exploré les environs - vierges de toutes traces d'habitation -, proclament la souveraineté française sur cette terra australis incognita.
Selon les us et coutumes de l'époque, Mengau enterre, au pied d'un arbre, une bouteille contenant deux écus de six francs, ainsi qu'un parchemin spécifiant la prise de possession du territoire au nom du roi Louis XV. Sans oublier les traditionnels tirs d'artillerie. Parallèlement, Etienne de Rosily-Mesros, qui fondera plus tard le Service hydrographique de la Marine, fait le relevé des côtes et dresse une carte. En fait, on peut dire que le Gros Ventre accoste en Australie un peu par hasard. Quatre ans plus tôt, il quittait l'île Maurice pour accompagner La Fortune, le vaisseau d'Yves de Kerguelen, en quête de ce sixième continent qui meuble, alors, tous les rêves des marins depuis deux siècles. Mais en cours de route, une tempête sépare les deux navires. Saint-Alouarn ne reverra plus jamais la Bretagne. Il meurt à Maurice, à 35 ans, épuisé par le chemin du retour, et ne pourra jamais rendre compte en personne au roi de sa conquête australe. Mais il faut attendre 1998 pour connaître l'épilogue de cette étonnante histoire. Pendant deux cent vingt-six ans, la bouteille de prise de possession enterrée par Mingau de La Hage sur la côte australienne a résisté à toutes les recherches. Et voici que le 5 janvier 1998, un Français de Nouvelle-Calédonie, Philippe Godard, découvre à la pointe de l'île de Dirk-Hartog un écu bandeau à l'effigie de Louis XV daté de 1766.
Le 1er avril suivant, Myra Stanbury, conservatrice du département d'archéologie du Musée maritime de Fremantle, ville portuaire de Perth, met au jour, sur le même site, une bouteille en verre, sans conteste la bouteille du Gros Ventre. Justice était enfin rendue à Saint-Allouarn et ses compagnons. Désormais la preuve était faite que sous Louis XV un navigateur français avait bien pris possession de la moitié du continent australien.
Alors pourquoi ne parle-t-on pas aujourd'hui la langue de Molière du côté de Perth, comme on le fait au Québec ? Considérant ces rivages semi-désertiques et inhospitaliers comme d'aucune valeur, Paris (ou Versailles) n'a jamais donné suite à l'initiative de Saint-Allouarn. Et ce sont les Anglais qui, le 2 mai 1829, prennent définitivement possession de l'Australie Occidentale. Source: http://service.bretagne.com/supplements/histoires_bretagne/1772.htm
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