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  Australie prĂ©historique: les paysages lunaires du Lac Mungo
Message PubliĂ© : 19 Jan 2007 02:37 
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Un article passionnant sur les recherches archéologiques et ses visites locales au Mungo Lake.

Courrier International a Ă©crit :
Au coeur de l'Australie préhistorique : les paysages lunaires du Lac Mungo
Le Courrier International
par Steven Fosbery, Janvier 2007


Le parc national de Mungo, situé dans le sud-est du pays, abrite un site archéologique capital. Dominé par la culture aborigène, ce site unique n’a pas encore souffert du tourisme de masse.

Matt, le pilote, nous annonce que notre petit avion s’approche de Mungo. J’aperçois par la fenêtre un paysage plat, semi-aride, où il n’y a quasiment rien. Tandis que je contemple le vide au-dessous de nous, il incline l’appareil, et une ligne de sable apparaît : la “Muraille de Chine”. Vue du ciel, cette dune de 33 km de long qui borde le lac Mungo, en forme de haricot, ressemble à une plage de sable doré. Il ne manque plus que l’océan.

Autrefois, il y avait ici plusieurs lacs d’eau douce. Le dernier d’entre eux, le lac Mungo, a disparu il y a 18 000 ans. Jusqu’à cette époque, la région était pleine de vie et sa végétation était luxuriante.

Trois heures après avoir quitté Sydney, l’avion atterrit sur la piste de terre du Mungo Lodge. Celui-ci jouxte le parc national de Mungo, classé au Patrimoine mondial de l’humanité. C’est un luxe de venir ici en avion car, pour rejoindre la ville la plus proche, Mildura, il faut parcourir 110 km de pistes. Les petits avions ne sont pas toujours très rassurants et les passagers, soulagés, saluent l’atterrissage de Matt par un tonnerre d’applaudissements.

Arrivés au camp, nous rencontrons notre guide, Graham Clark, de Harry Nanya Tours, une agence détenue et gérée exclusivement par des Aborigènes, et l’archéologue Michael Westaway, qui nous explique, au cours du déjeuner, le travail entrepris sur le site.

Soudain, le repas est interrompu par le photographe, qui, chargé de réaliser des clichés pour une brochure touristique, vient de découvrir un crâne. L’atmosphère devient électrique, chacun d’entre nous sent que cette découverte peut être considérable. Seul Michael Westaway continue à manger, prenant son temps.

“C’est peut-être important. Nous irons voir après avoir mangé.” L’archéologie, nous explique-t-il, est un travail lent, minutieux, et, sur un site aussi riche en fossiles que le lac Mungo, on ne saute pas de joie chaque fois qu’un os est découvert. Nous acquiesçons, tout en pensant que notre archéologue est peut-être un peu fatigué.

Le photographe emmène ensuite Michael examiner sa découverte tandis que notre groupe, qui n’a pas accès au site, prend la direction du parc national en compagnie de Graham. Trois groupes tribaux d’Aborigènes sont propriétaires du parc et du Lodge, et ont aussi la charge de la gestion du parc. Ils reçoivent le soutien du Département national des parcs et de la nature de l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud, une aide dont ils bénéficieront jusqu’à ce qu’ils se sentent prêts à voler de leurs propres ailes.

Nous roulons à travers un paysage sec, dominé par les casuarinas, les arroches, les spinifex et les termitières – de larges plaques grises qui ressemblent à des pierres. Contrairement au nord de l’Australie, où, en raison des pluies, les termitières sont construites en hauteur, ici, le climat est tellement sec que les colonies de termites construisent des galeries qui s’étendent horizontalement.

On aperçoit également des épilobes jaunes et des touffes de pâquerettes qui forment des taches blanches ressemblant étrangement à de la neige. Les vitrines du centre touristique du parc national, avec leurs reproductions grandeur nature d’animaux gigantesques qui vivaient il y a des millénaires sur le site, donnent un bon aperçu de l’histoire de la région.

Je me tenais à côté d’un Zygomaturus trilobus, mammifère marsupial de la taille d’un buffle, lorsque Graham se mit au didjeridoo, un instrument de musique typiquement aborigène. Il expliqua qu’il ne faisait pas de la musique, mais qu’il racontait des histoires sur des sujets allant de la création du monde aux aventures d’une fourmi à miel qui avait un goût sucré.

La découverte en 1968 de la “femme de Mungo”, le plus ancien cas d’incinération connu au monde, et, en 1974, celle de l’“homme de Mungo”, qui eut droit à sa propre inhumation, ont bouleversé la science : la préhistoire fut récrite et le lac Mungo hissé au rang des grands sites archéologiques. La datation au carbone révéla que les deux corps avaient plus de 40 000 ans (jusqu’à 60 000, selon certains – c’est ce que Michael Westaway appelle le “jeu des dates”).

On estimait auparavant que les êtres humains étaient arrivés en Australie il y a seulement 20 000 ans. Avant d’être inhumé, le corps de l’homme de Mungo avait été saupoudré d’ocre extrait de sols situés à 100 km au nord. On pense que cet ocre a été acheté. “Ces hommes modernes se sont installés ici avant de coloniser l’Europe”, nous explique Michael lorsque nous le rencontrons plus tard sur la “Muraille de Chine” – baptisée ainsi dans les années 1860 par des ouvriers chinois à qui la dune rappelait leur monument national.

Il nous apprend par ailleurs que la découverte du photographe n’est pas tout à fait aussi spectaculaire que nous l’aurions espéré ; c’est un crâne de kangourou, “et pas très vieux”. Peu importe, nous avons un instant goûté au frisson des fouilles archéologiques.

Voyage...

Lors de notre promenade, notre archéologue nous raconte que la Muraille de Chine est une fenêtre ouverte sur le passé, riche en enseignements, un rêve pour les archéologues. Il s’arrête soudain, comme si une voix le lui avait soufflé, pour ramasser un morceau de silex, la roche la plus dure de la région, tranchante lorsqu’on la casse, et utilisée pour la fabrication d’outils. Michael nous explique que la marque sur l’un des côtés montre que ce silex n’a pas été jugé adéquat et qu’il a été jeté.

Cela me rappelle l’émission de Harry Butler qui passait à la télévision dans les années 1970. Chaque semaine, le naturaliste déplaçait un rocher pour nous dévoiler l’animal qui se cachait derrière et dont il venait de parler. A la différence près que, sur le lac Mungo, les découvertes ne sont pas seulement cachées derrière les rochers, mais présentes partout.

Plus loin sur la dune, le paysage est lunaire. Des espèces de monticules me font penser aux Pinnacles, en Australie-Occidentale. Mais, contrairement à ces monolithes de calcaire, nos roches résiduelles sont constituées de boue et d’argile ; la pluie et le vent ont pu les éroder et ont ainsi donné naissance à la Muraille, à ses bosses et à ses ravines. Nous cherchons tous à immortaliser l’image de la lune se levant sur ce paysage d’un autre monde. Quand le soir commence à tomber, la plage de sable doré que j’ai aperçue depuis les airs prend des teintes rosées. C’est une scène étrange, et étrangement belle. Après cette douce journée d’hiver, la température chute brutalement, la nuit s’installe et l’appel de la sirène annonçant l’apéritif retentit.

Grâce à des travaux de rénovation, le Mungo Lodge, qui borde une rocade, a été classé trois étoiles. Le bâtiment principal abrite la réception, un bar bien approvisionné et un restaurant qui propose des plats simples mais de qualité. Le Lodge compte dix-huit chambres indépendantes, deux dans chacun des neuf bungalows, ainsi que deux bungalows plus grands, comprenant eux aussi deux chambres. Nous entendons des motards arriver au Lodge et sommes curieux de les rencontrer. J’imagine des tatouages, des blousons de cuir, des insignes de gangs et des chevelures abondantes. Au lieu de cela, on nous présente cinq pères de famille de la banlieue de Sydney qui se sont offert une virée en Nouvelle-Galles du Sud sur de puissantes motos de cross. Ils plaisantent sur cette deuxième adolescence et sur la crise de la quarantaine, visiblement très excités à l’idée de passer toute une semaine sur la route.

Après le dîner, nous nous rassemblons autour d’un feu de camp. Graham troque son didjeridoo contre une guitare. Tandis qu’il joue, nous chantons tous en chœur, avec de plus en plus d’entrain au fur et à mesure que la soirée avance. Le répertoire de Graham va des Monkees à David Bowie. Nos motards y ajoutent leur touche personnelle : volume et bonne humeur.

La nuit est froide, mais les radiateurs des chambres sont très efficaces. Puis une nouvelle journée parfaite commence : pas un nuage dans le ciel. Après dix minutes de route, nous arrivons sur une autre partie de la dune. Graham nous indique des tas de détritus et les restes de feux de camp aborigènes. Autour de l’un d’eux, on aperçoit des coquilles d’œufs de cane, des arêtes de poissons et des fragments de coquilles de moules qui ont l’air étonnamment frais vu le temps écoulé depuis leur date de péremption. L’érosion ne les a mis à nu qu’il y a peu de temps, mais ils ont probablement entre 15 000 et 20 000 ans.

La Muraille de Chine est un important lieu de sépulture. La majeure partie de la dune est fermée au public, l’accès étant réservé à ses propriétaires et à quelques scientifiques. Comme il y a toutefois beaucoup à voir, Graham nous guide jusqu’à d’anciens feux de camp, des dents de wombat, des eucalyptus fossilisés et des tombes que l’on a recouvertes pour les protéger des éléments.

Tout comme la glace et l’eau, la boue assure une très bonne conservation, et les alentours du lac en étaient couverts. Les conditions étaient parfaites pour la fossilisation des squelettes. On dénombre au moins 450 empreintes de pas. Les Aborigènes ont décidé de n’entreprendre aucunes fouilles. Seuls les fossiles et autres objets mis au jour par des phénomènes naturels pourront être examinés.

Pour notre dernière escale, Graham, qui s’est montré fort intéressant et amusant, nous emmène sur des dunes atteignant 30 m de hauteur. Le vent a dessiné d’artistiques ondulations sur le sable. Au sommet, nous jouissons d’un panorama de 360 degrés.

En cette journée sans nuages, le paysage, même semi-aride, est à couper le souffle. L’importance du lac Mungo a été reconnue il y a vingt-cinq ans. Avec le parc national de Kakadu et la Grande Barrière de corail, il fait partie des trois premiers sites australiens classés au Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. Mais le lac Mungo reste méconnu. Et, lorsque nous remontons dans l’avion pour rentrer chez nous, nous avons conscience de la chance que nous avons eue de visiter ce site hors du commun.

Steven Fosbery, journaliste pour The Australian

Source : http://www.courrierinternational.com/ar ... j_id=70029

Courrier International a Ă©crit :
Lac Mungo : tous renseignements utiles à connaître.

Aborigènes
On a longtemps pensé que les premiers Aborigènes étaient arrivés en Australie il y a 8.000 ans. Mais la découverte, en 1969, de la “femme de Mungo”, puis, en 1974, de l'Homme de Mungo”, qui vécurent il y a 45.000 ans, ont bouleversé cette hypothèse.

L’examen de ces deux squelettes, extrêmement bien conservés sous de nombreuses couches de sédiments, a permis de démontrer que les Aborigènes étaient arrivés par voie maritime, en provenance d’Asie, pour ensuite peupler lentement le vaste continent australien. D’autres découvertes sur le site archéologique de Mungo montrent que les Aborigènes furent le premier peuple au monde à écraser des graines pour obtenir de la farine.


Carnet de route
Y ALLER
Au départ de Paris, plusieurs compagnies aériennes proposent des vols vers Sydney, Melbourne ou Adelaîde, villes au départ desquelles il est possible de se rendre quotidiennement à Mildura, où vous pourrez louer une voiture et accomplir les 110 km qui restent à parcourir pour atteindre le parc national de Mungo.

Ă€ SAVOIR
De décembre à février, les températures peuvent dépasser les 40 °C. La meilleure période pour aller à Mungo est donc de mars à octobre. Il n’existe pas vraiment de saison des pluies dans la région, et l’hiver y est très doux. Il faut également savoir qu’on se trouve dans l’Outback : les crapauds, lézards, araignées et serpents sont tous venimeux, et les fourmis crachent de l’acide ! Attention, donc, si l’on est sans guide, à ne pas trop s’approcher de la faune locale. Enfin, on ne peut acheter ni essence ni nourriture dans le parc national ; il faut donc prévoir le nécessaire avant de partir et ne pas oublier de faire des provisions d’eau. L’entrée au parc national coûte 7 dollars par voiture.

Ă€ VOIR
Avant de visiter le parc national de Mungo, il est conseillé de se rendre au Visitor’s Center, situé près de l’entrée. Vous en saurez alors plus sur l’importance géologique et archéologique du site, mais aussi sur la vie des tribus aborigènes locales. De là partent deux promenades à pied, l’une de 1 km, la seconde de 2,5 km. On peut également faire le tour du parc en voiture, en suivant un circuit de 65 km, avec quinze étapes historiques.
Si l’on préfère visiter le parc avec un guide, Harry Nanya Tours (03-5027 2076) propose plusieurs circuits, de jour ou au coucher du soleil. Leurs guides appartiennent tous à la tribu aborigène de la région, les Barkindji, et tenteront de vous faire découvrir toutes les facettes de leur environnement, qu’elles soient naturelles, traditionnelles, culturelles, historiques ou géologiques.

OĂ™ DORMIR
Le Mildura Grand Hotel (03-5023 0511), avec piscine, est l’établissement le plus authentique de la ville, et ses restaurants sont primés. Le prix des chambres s’échelonne de 87 dollars australiens (52 euros) à 485 dollars australiens (290 euros), et leur style est un mélange éclectique entre “hôtel de campagne” et “branché”. Le Mungo Lodge (03-5029 7297), dans le parc national, offre des chambres très simples, mais un accueil chaleureux, pour 118 à 128 dollars australiens la nuit (environ 75 euros).
Pour une expérience encore plus rustique, on peut choisir l’un des deux campings du parc ou loger dans les anciennes cabanes des tondeurs de moutons qui ont été restaurées, The Old Shearer’s Quarters (03-5021 8900). Pour les aventuriers, le 5 Star Adventure Tours (03-5759 2555) propose un circuit découverte-camping de neuf jours, avec canoë-kayak, exploration du parc et nourriture traditionnelle aborigène.

Source : http://www.courrierinternational.com/ar ... j_id=70029


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Message PubliĂ© : 19 Jan 2007 07:18 
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Inscription : 07 Juin 2003 16:56
Message(s) : 1245
Localisation : >Une aussie que vit a Ballarat, 100 km N-O de Melbourne
Excellent Marc.

Un de mes endroits preferes de la partie sud de l'australie.

J'ai des photos ici de mes voyages la bas si il y a des gens qui sont interesses:

http://members.virtualtourist.com/m/318f9/1c9447/
et
http://members.virtualtourist.com/m/318f9/1caba4/

Kate


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  Mungo
Message PubliĂ© : 19 Jan 2007 22:46 
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Inscription : 07 Jan 2003 11:15
Message(s) : 1092
Localisation : Sydney, NSW, Adelaide, SA, et Versailles, France
Salut Kate,

Je viens de lire tes pages sur le Parc Mungo.

Elles sont très sympas.

A +

Marc


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Message PubliĂ© : 13 FĂ©v 2007 06:01 
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Mate
Mate
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Inscription : 07 Juin 2005 06:03
Message(s) : 38
Merci Marc. L'article de Fosbery est bien fait. Des journaux anglais l'ont fait paraitre aussi.


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